Quatrième jour – Liesse

Aujourd'hui j'ai connu la Liesse et j'ai dansé dans l’infini de la Louange !

Ô Toi l'Éternel Qui est étalé sur l'univers, Toi Qui est la Vie et l'Amour et la Présence répandus à profusion, moi qui ne suis qu'une infime poussière dans Ton Monde d'en bas, à nouveau je suis entré dans ce vaisseau de pierre, mendiant dans Ta Maison, bâtie en Ton Nom par ces hommes de foi pour Te chercher et Te chanter,

moi le juif nomade, frère de tous les hommes, le hassid° habité de toutes les mémoires, de toutes les langues, de tous les signes inventés par ceux qui Te cherchent de générations en générations, moi habité par Ton Feu, compagnon de tous ceux qui Te veulent ici-bas, descendu du Ciel, invité par nous à inaugurer le Grand Festin du bonheur, un peu franciscain, un peu soufi, un peu bouddhiste, un peu anar mais anar de l'amour et de la paix,

j'ai chanté, j'ai chanté, j'ai chanté...

“Hoïdou l'Adoïnoï ki toïv, ki le'oïlom 'hasdoï ! Remerciez l’Éternel qui est Bon, car son Amour est éternel ! Remerciez le D.ieu des puissances célestes, car Son Amour est éternel! Remerciez le Seigneur des seigneurs, car Son Amour est éternel ! Lui seul a fait de grandes merveilles, car Son Amour est éternel ! ...”

j'ai chanté ce psaume de louanges du roi David, tout enivré de cet hébreu qui est la langue de mon âme, celle qui m'a guéri comme un onguent purificateur, celle qui seule peut m'ouvrir au plus intime de moi-même...

“Hoïdou l'Adoïnoï ki toïv”, et ma voix pousse mon corps d'un côté, comme emporté par l'expir du chant ... — “ki le'oïlom 'hasdoï”, la voix me répond comme en écho et me voilà penchant dans l'autre sens, le frêle esquif de mon corps sur la vague flue et reflue, et le mouvement s'amplifie peu à peu avec les phrases qui tournent sans fin et résonnent dans la nef...

je suis léger, peut-être comme les anges, toute pesanteur disparue, je suis une fumée pure qui s'élève dans la louange, une poussière d'infini dans Son Infini Amour...

Halleluya, halleluya, halleluya !

13 août 2021 – © Jérôme Nathanaël

° hassid : juif pieux en référence au judaïsme hassidique, courant mystique fondé au XVIIIe siècle en Pologne par le rabbin connu sous le nom de Baal Shem Tov (le maître du bon Nom). Axé sur la piété et la charité, centré sur l'individu dans la relation directe avec Dieu, le hassidisme s'oppose à la tradition érudite et figée du judaïsme rabbinique, et constitue une réponse spirituelle à la misère matérielle des communautés juives persécutées de l'Europe orientale. Les hassidim (pieux) insistent particulièrement sur la ferveur et la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse.

—– Photo Commons Wikimedia —-

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